C’est après ça que ça se passe

C’est après ça que ça se passe. Après ce grand vide, ce grand rien, ce néant. C’est maintenant que ça se passe. C’est après le silence qu’il va falloir composer cette mélodie, cette harmonie, cette symphonie peut être du moins je l’espère. C’est construire comme un légo, note après note, à l’écoute des instruments. C’est après ça que ça se passe. Après cette catastrophe assourdissante. Après ce chaos. Et rebelote. C’est après ça que ça se passe. Instant après instant, un petit bloc de réel appuyé sur une réalité, dans un désir d’ouverture du champ des possibles. C’est après ça …

Envahis-moi

Première cigarette à six heuresCafé clandestinBrosse rasoir et doucheCouloirs et chambresAquarium des infirmièresPetit-déjeuner à neuf heures Et puis dehorsLes herbes follesJe me méfie des narcissesCes petites fleurs mauves ont l’air un peu trop fragilesLe vieux platane, que je salue,Et avec qui je m’enracine. Les serres, les ateliers,Mémoires de mon pèreEt des heures où je repiquais au printempsLes mains dans la terre Allongé sur les racines du LebanonMon regard plongé dans sa couronneJe suis en paix Un couple d’oiseaux forme un nid douilletPétale et plume dans le becJuste au dessus de moiPromesse de jours heureux Et puis cet arbre de l’hostellerie …

Page blanche

Souhaites-tu faire un brin de causette, Cosette ?Seulement parce qu’entre nous il y a tout à réinventerA imaginer, à construire, tout un monde à créer,Simplement parce qu’à force de malheursIl y a tout un bonheur à écrire et à peindre,Des contes pour les enfants pas sagesQui ont du mal à comprendre ce monde détraquéEt les morales qui amènent à tout reproduire à l’identiqueAlors faisons preuve d’un peu de singularitéPour ne pas nous noyer de conformismesEt dévions parfois du chemin pour prendre un sentierPour découvrir comment c’est, là-bas, sur le côté,Marchons dans nos souliers et flânons sur les hauteursPour voir le …

Tomber

J’ai le désir de tomber le masque de la sociétéLe masque de ma beauté païenneJ’ai ce désir de démasquer cette vérité crue de mon sexe interditJ’ai ce désir de me déshabiller pour exhiber mon dénuementJ’ai ce désir de dénuder ma peauJ’ai ce désir de transpercer mon absence en plein jourJ’ai ce désir indécent de m’immiscer dans mes intimitésPour lever le voile de la pudeur

Nomade

Un nomade égaré dans le labyrinthe des riches villes européennesQui s’est vu dépouillé de sa plus stricte identitéAu désir faillible des ces luxes surexposésAu regard vulnérable et mouillé sous la pluie de décembreInquiet dans sa misère inachevéeMais simple en son dénuementCultivant cette infime part d’humanité épargnée en son cœur blessé