C’était… C’est devenu… Ce sera…

C’était une dépossession de soi, devenu un étranger à moi-même, quelqu’un qui zone de malentendus en quiproquo, un être profondément blessé qui a peur qu’on lui fasse de nouveau du mal, et tient à distance quiconque tente de s’approcher. C’était devenu le régime de la terreur, à ne plus savoir qui travaille pour ou contre la révolution, révolution permanente changeant sans cesse de points de repères, favorisant l’esprit girouette et désorienté. Une boule à facettes réfléchissant la lumière, un miroir aux alouettes, focalisant les projections les plus diverses de la figure de l’ennemi. C’était une angoisse permanente, un câble à …

Les arbres de mon existence

Les premiers arbres étaient l’abricotier et le cerisier dans le jardin derrière la maison. Je me réjouissais de manger des abricots, mais l’arbre est mort. Il n’est resté que le cerisier, que je regardais grandir avec un mélange de respect et de jalousie. D’autant que j’ai été malade d’avoir mangé trop de cerises. Puis viennent les arbres des haies, l’aubépine, fleurs blanches odorantes, et cette chanson associée : « Fleur d’épines fleur de rose c’est un nom qui coûte cher Ô gué Car il coûte, car il coûte, car il coûte la moitié de la valeur ce cent écus… Qu’est-ce que …

Et si cela ne tenait qu’à un fil…

Entre l’homme d’affaires qui court après son temps, entre les enfants qui jouent une heure dans le parc, entre le punk qui sur son banc boit une 8.6, entre la femme célibataire qui promène son bébé, entre la secrétaire qui regarde par la fenêtre le jour décliner, entre le médecin psychiatre fragilisé par l’état de détresse de son dernier patient, entre l’avocat devant un dossier indéfendable, entre l’ouvrier anéanti par une journée de gestes répétitifs, entre le serveur de la brasserie qui ramasse son pourboire, entre l’employée des postes qui affranchit un colis, entre la caissière qui demande au client …