Art scriptural Atelier d'écriture Bachelard Deux Mil Vingt et Un

Les arbres de mon existence

Les premiers arbres étaient l’abricotier et le cerisier dans le jardin derrière la maison. Je me réjouissais de manger des abricots, mais l’arbre est mort. Il n’est resté que le cerisier, que je regardais grandir avec un mélange de respect et de jalousie. D’autant que j’ai été malade d’avoir mangé trop de cerises. Puis viennent les arbres des haies, l’aubépine, fleurs blanches odorantes, et cette chanson associée : « Fleur d’épines fleur de rose c’est un nom qui coûte cher Ô gué Car il coûte, car il coûte, car il coûte la moitié de la valeur ce cent écus… Qu’est-ce que c’est que cent écus quand on a l’honneur perdu Ô gué ». Et le saule sur le lieu de baignade, aux sablières, avec Bénédicte et Marie-Thé, à se baigner dès les premiers beaux jours de mars dans l’eau encore glacée, en faisant la traversée jusqu’à la presqu’île. Le charme, ce bois qui brûle bien et qui tient bien le feu, et que j’aimais reconnaître et empiler, quand nous étions aux affouages avec les frères. Le vieux chêne, au beau milieu d’un champ de blé, où j’allais en solitaire avec mon vélo, profiter des hautes herbes et du soleil sur ma peau, en plein été. Le tilleul, le grand tilleul de chez Doisneau, pour faire les infusions d’un sommeil paisible. Le cyprès, cet arbre des cimetières et des centres hospitaliers de convalescence, cet arbre des morts. Le figuier, planté à la mort de mon père à l’endroit où il avait planté l’abricotier, dont nous avons crû qu’il ne tiendrait pas, qui s’est bien développé et donne des fruits excellents. Et le hêtre, dont mon père disait « hêtre ou ne pas hêtre, là est la question ». Et le tremble qui agite ses feuilles dans le vent, un jour de promenade.

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