Anawega Art scriptural

Anawega – Feuillet seize

Les filles revinrent toutes rouges
Les habits et les cheveux pleins de paille
Et ce tambour que tu as là John je pourrais en jouer
Si tu prends ton violon
Et ils inventèrent des airs afro-country
Les enfants dansaient
Rose-Marie les regardait les yeux brillants
Cela fait du bien un peu de couleurs dans cette maison dit-elle en riant
John était ravi de cette improvisation
Et les enfants tapaient dans leurs mains en bougeant dans tous les sens
Anawega chantait parfois dans une langue improvisée
Qui ressemblait parfois à une langue africaine
Une langue indienne
Une langue européenne
Son dormait dans un coin du salon
John était virtuose au violon
Le tambour d’Anawega marquait comme un battement de coeur
Andrew ne savait plus trop comment danser
Tour à tour Betty, Lily dansaient avec lui et l’entraînèrent
Les hanches tournaient et pivotaient
Les bras flottaient
Les épaules tombaient
Les jambes et les pieds étaient entraînés dans une course folle
Où l’équilibre était sans cesse perdu et retrouvé
John accompagnait aussi de la voix Anawega
Par des cris
Par des rires
Par des mélopées
Edith et Sam prirent les mains de Betty et Lily
Et elles se mirent à tourner autour d’Andrew et à l’encercler en se resserrant autour de lui
Jusqu’à le faire tomber dans un éclat de rire général
Anawega alla redresser l’adolescent en lui tendant la main
Betty je pense que tu as fait suffisamment de folles et sages bêtises ce soir
Il est temps que j’aille expliquer à ta mère que tu pervertis les filles de John et Rose-Marie
Ils s’ embrassèrent tous et se remercièrent
Et maladroitement Betty et Lily s’embrassèrent sur la bouche
Et rougirent de leur maladresse
Ce qui n’échappa à personne
Ni à John ni à Rose-Marie ni à Anawega
Et les enfants furent pris d’un fou-rire
Y compris Betty et Lily
Merci encore John et Rose-Marie
Ce fût une soirée magnifique
Merci Anawega
Et merci Betty
Reviens ici quand tu le souhaites
Tu auras toujours bon accueil
Anawega tendit la main à Betty
J’espère que tu es prête à prendre tes responsabilités maintenant
Parce que moi je ne suis pas vraiment prête à prendre les miennes
Oh non fit dans une moue Betty
Mais elle donna sa main en accompagnant Anawega
Et elle se retournait pour distribuer des bisous
Ils prirent par les prairies pour retourner au village
En silence
Savourant dans leur mémoire la beauté de ces moments partagés
Et arrivèrent vers la maison de Betty
Sa mère était sur le seuil
Betty j’étais folle d’inquiétude
Tout va très bien maman je suis allée faire une partie de pêche avec Anawega
Et nous sommes allés partager les truites avec John, Rose-Marie et leurs enfants
C’était une soirée magnifique
John a joué du
Cela suffit
Vas te coucher maintenant
Demain il y a de l’école
Bonsoir Anawega et belle nuit
Dit-elle en l’embrassant
Et merci, merci et grâces
Et elle rentra
Tom je ne souhaite pas vous parler
Non mais vous entendrez Anawega
Betty a une réelle complicité avec moi
Je sais que vous ne me considérez guère
Mais considérez avant tout le bien de votre enfant
Et n’allez pas briser sa joie son innocence et sa gaieté
Sachez que c’est une déception amère de voir que c’est par vous
Justement par vous
Qu’elle a retrouvé sa joie, son innocence et sa gaieté
Un oncle auquel elle était très attachée est décédé quand elle avait trois ans
Mais je ne comprends pas pourquoi c’est par vous
Justement par vous
Qu’elle a retrouvé sa joie son innocence et sa gaieté
Juste à ce moment où vous vous déclarez femme
Bonsoir Madame
Allez en paix
Bonsoir
Anawega
Allez en paix
Et ne mettez pas le feu aux poudres
Le feu reste le feu
Et la poudre demeure la poudre
Qui est le plus explosif
J’aurais du mal à contenir mon mari
Votre mari peut venir me trouver quand bon lui semble madame
Puisse-t’il seulement être en paix lui aussi
Amin
Amin
Et elle s’en retourna
En s’en retournant elle croisa plusieurs personnes sur leur seuil
Elle les regarda bien en face
Les yeux dans les yeux
Bonsoir Anawega
Avec un sourire narquois
Bonsoir Andrew
Bonsoir Tom
Je me nomme Anawega Peter
Les femmes restaient silencieuses
Il longea ses près pour arriver à la ferme
Et ses vaches tournèrent les yeux vers lui
L’une d’elle meugla
En baissant la tête
Puis une autre s’approcha et meugla à son tour
Elles se rassemblèrent
Le taureau suivait
Et elles le suivirent tout le long du près
En meuglant tour à tour
Bonsoir les filles leur dit-il en regagnant sa ferme
Et la chatte noire qui vivait dans les parages était venue boire le lait
Elle miaula
Anawega but un verre d’eau
Et monta à l’étage
Ce qu’elle faisait rarement
Elle alla dans la grande chambre et découvrit le lit
Puis s’y allongea
Elle pensa à ses parents qui l’avaient occupé
Ce lit où elle avait été conçue
Dans l’amour
Dans la joie
Dans la réunion de deux corps
Elle soupira
Ferma les yeux
Et s’endormit

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