Anawega Art scriptural

Anwega – Feuillet quatre

Je redescendais la colline en pensant à ce présent
Que je devais faire aux Kawaïs
Sur la route je mettais dans mon sac ce qui pouvait me servir à le confectionner
Sur un cadavre de merle je ramassais les os
Quelques belles pierres plus loin
Et quelques plumes ça et là
Ne sachant vraiment pas trop quoi en faire
Je verrais tout à l’heure
Le soleil était en plein midi
Il faisait chaud
J’avais envie d’une sieste
Arrivé à la ferme je m’endormais sur le rocking-chair sur la terrasse en me balançant
Protégé d’un chapeau
Écoutant les oiseaux
Et dans mon rêve je vis le présent confectionné
Une poupée de breloques en chiffons
Avec pierres pour tête, pieds et mains
Ornée de trois plumes sur la tête
Celle de la pie
Celle du corbeau
Celle de la colombe
Et avec un collier d’os
Le soleil donnait depuis trois jours
Il est temps maintenant pour les foins
Chaque année je prenais le risque de ne pouvoir le récolter à cause des pluies
Mais elle faisait pousser quelques fleurs
Et je disposais toujours de cinq jours de beau temps
Au troisième je coupais
Deux jours après j’engrangeais
Reste qu’il ne pleuve pas cette année encore
Je regardais le soleil
Reste là mon vieux
Et tiens les nuages à distance
Je pris ma faux et partis couper avec cet espoir
Il faisait chaud
Je mis ma chemise à la taille et commençais à couper
Je transpirais à belles gouttes
Et ne m’arrêta pas durant deux heures
Et lorsque je m’assis à l’ombre de l’aulne du pré fumer une cigarette
J’entendis une voix derrière moi souffler Anawega
Je me retournais
Il n’y avait personne
Je me demandais ce que cela signifiait
La voix me dit Plume légère
Je me demandais qui cela était-ce
Elle me répondis toi-même
Personne ne sait exactement ce qu’est le calumet de la paix
Et au loin je regardais une silhouette habillée à l’indienne marcher vers les bois
Mon esprit était inquiet
Peut-être seulement le soleil me dis-je
Je bus un demi litre d’eau
Et me remis au travail jusqu’au soir
Puis fis revenir des lardons et des oignons
Ajoutais des carottes et des pommes de terre
Un peu d’eau et couvrit la poêle
Et attendis que cela cuise à feu lent sur le poêle
Puis vint observer le soleil décliner
La pleine lune est dans trois jours
Trois jours pour créer Anawega
J’allais chercher mon sac il y avait deux petites pierres rondes
Deux petites pierres allongés
Et une pierre plus grosse
Elles étaient toutes les cinq grises veinées de blanc
J’observais les trois plumes
Une de pie
Une de corbeau
Une de colombe
Et quelques os de merle
J’allais chercher de la ficelle et commençais à faire le collier
Un sentiment de quiétude m’envahit
Le plus dur sera la couture
Je partis traire, je mangeais, j’étais rompu
Je m’endormis comme une masse
Et Anawega se tint devant moi
Je suis toi-même
Je me nomme Plume légère
Et ton esprit doit maintenant s’envoler
Tu auras du mal à comprendre
Mais quoi qu’il en soit tu m’accompliras
Je sais que je peux avoir confiance en toi
Et en la puissance de ton rêve
Tu seras insolite aux yeux des tiens
Mais tu seras accueilli par les Kawaïs
Tu suivras des méandres
Mais tu parviendras au but du voyage
Ne crains pas
Tu viens tout juste de commencer à entendre
Tu viens tout juste de commencer à voir
Alors continue d’écouter et de regarder
Les choses prennent parfois du temps
Mais elles se réalisent
Ne crains pas que la plume te caresse
Ne crains pas de t’attendrir
C’est seulement maintenant que ton cœur se réveille
Dilue toi dans le bleu de la nuit
Et viens danser avec moi parmi les étoiles
Notre mère la terre et notre père le ciel
Donneront naissance à ton nouveau moi que je suis
Mais tu es une femme
Et je m’éveillai dans la surprise

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