Art scriptural Atelier d'écriture Bachelard Deux Mil Vingt Deux

Le texte fendu

Le texte ci-dessous a été fendu en deux. Il ne reste que la moitié gauche de la première page du roman de Jean-René Huguenin, La Côte sauvage. Saurez-vous compléter la partie droite de ce texte, de telle sorte qu’il devienne cohérent ?

Il s’est approché dans le jardin à pas feutrés,

s’arrête à quelques pas, regarde au loin puis

se retourne ; il se glisse de manière à ce

que son visage dans l’ombre s’expose aux pétales

bleues des fleurs. Il saisit soudain une branche de

l’arbre : la flamme vacille puis s’éteint.

« Qui est là ? » dit-elle d’une voix forte

Immobile, le briquet à la main, il vient de la rallumer

lorsque sa sœur avance vers lui,

la tête inclinée (ses cheveux flottent le

long de son buste), il sourit et murmure :

« Anne…

– Anne ! »

Le même appel, au même moment, dans la même

maison, elle n’entendit que le vent qui caressa sa

tête, comme si elle ne le regardait pas, le prend

dans ses bras, et sans parler, hume

l’odeur de ses cheveux, un parfum de violettes.

« Tu as eu peur, dit-il tendrement… »

Un hibou s’envola, quelque part, de branche

en branche mais ne toucha leurs esprits que

séparément.

« Comment es-tu venu jusqu’ici ? Tu as fait une longue route… 

– Je suis venu par les chemins, comme un bandit. »

Un chien aboya, mais elle ne le remarqua pas. Elle dépose

un baiser sur son front, prend sa main et le dirige vers la maison.

« Non, je ne peux pas, il faut que je reparte.

– Ils sont derrière toi ?

– Tu n’as pas entendu le chien ? Toujours aussi folle,

ma douce… As-tu un peu de pain, de fromage et du vin ?

– Je vais te chercher ça. Ils ne te laisseront donc jamais

tranquilles ?

– Mais je ne me laisserai jamais prendre. J’ai passé l’hiver

dans la ferme d’un paysan, mais ils sont revenus sur mes traces…

– Tu reviendras ?

– Bien sûr je reviendrai. Je vais les perdre dans la montagne.

– Prends par la côte sauvage, l’odeur des genêts perdra leur chien,

et tu peux aller jusqu’au col de la Croix du Sud, il y a un abri. »

Elle partit dans la cuisine et rapporta les victuailles.

– Prends soin de toi, et reviens-moi vite, mais sans le chien

et ses compagnons de chasse. Je savais que tu viendrais, je t’ai mis

un bon morceau de Morbier, et un bon Gamay.

– Toujours aussi sage, ma belle. À très vite ! »

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