Art scriptural Atelier d'écriture Bachelard Deux Mil Vingt Deux

L’amant de sa maman

Un jour, me promenant, allant de rues en rues, zonant dans le dédale des habitations à loyer modéré du quartier de la Fontaine d’Ouche, j’ai trouvé un bracelet brésilien. Il était très joli, de rouge , de jaune et de vert, tressé en losanges. Oh non, il n’avait aucune valeur, mais je l’ai ramassé et l’ai noué à mon poignet. En le nouant, j’ai fait le vœu de rencontrer sa propriétaire. Et alors j’ai commencé à avoir de la chance. Oh, ce n’était pas le gain à l’Euromillion, mais de petits bonheurs. Par exemple, il me manquait quelques centimes pour acheter mes croissants, et le boulangère m’en a fait cadeau. Au bar tabac, la tenancière patibulaire mais presque m’a souri, et comme je n’avais pas de quoi acheter un briquet, elle m’a offert des allumettes publicitaires. A la médiathèque, on ne m’a pas fait payer mon amende. A la piscine, on m’a fait payer tarif réduit. Toute ma vie s’est transformée par de petites choses. Je dormais mieux. Le matin, je me réveillais de bonne humeur. Et puis, un soir de printemps, je suis parti au bord du lac Kir me promener. Et là, un petite fille de huit ans a tiré sa maman par la main, l’entraînant vers moi.
« Maman, regarde ! Maman, regarde ! Mon bracelet ! »
– « Bonjour, mademoiselle. Je l’ai trouvé dans la rue, pas très loin d’ici.
– Il m’a porté chance, et mon vœu s’est réalisé.
– Moi de même. Voulez-vous que je vous le rende ?
– Oh non, gardez-le, il vous va si bien ! »
Et je suis devenu l’amant de sa maman.

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire