Art scriptural Atelier d'écriture Bachelard Deux Mil Vingt Deux

Chaud bouillant

Chaud bouillant. On accumule, on mélange, mode d’emploi.
D’abord vous arrivez à l’heure dite, et vous avez cette désagréable impression d’être en retard. Alors vous demandez si vous ne venez pas trop tard. Et là on vous dit non, pas du tout. Vous demandez : « Quelque chose ne va pas ? » « Non » « Tu es sûre » « Oui ». D’habitude on vous accueille avec un amer bière. Cette fois-ci on ne vous en propose pas. « Je peux boire quelque chose ? » On vous répond d’un ton déçu : « Oui, si tu veux. ». Alors vous passez à table. On ne vous demande pas de vos nouvelles, mais de celle de votre amie. Alors vous détaillez un peu l’état de santé, l’épaule, la tête d’humérus, le tendon déchiré, le kiné. Alors là, petit sourire pincé. Vous expliquez que c’est ça ou l’opération, qu’au final c’est mieux pour tout le monde. Alors on vous dit « De toutes façons c’est remboursé ? » « Oui ». Plus tard, vous repensez à ce kiné avec qui vous faites du Yoga et de la méditation. Cela n’est pas remboursé. Mais là encore, c’est préventif, là encore, c’est ça ou l’hôpital… Mais bon, trêve de préventions !! Ensuite on vous fait la remarque : « Mais Franck, tu as vu le beurre que tu mets sur tes radis ? Sans compter qu’en plus, ce n’est pas bon pour ta santé ! » Ensuite, vous expliquez votre projet d’association à vocation artistique. Et là, on vous rétorque que vous devriez travailler en ESAT, aux goélands… Alors vous rappelez bien que la psychologue du travail de Pôle Emploi a écarté le travail salarié à cause de votre handicap… Alors vous parlez de l’invitation à boire un café au secours catholique. « Parce que eux aussi, ils t’ont aidés ?! »… Alors vous parlez, par provocation , de la France, pays d’assistés… Et là on vous répond « Un peu, oui, quand même… » Puis vous parlez de la guerre en Ukraine… « Là-bas, ils ont un chef, il marche devant et tout le monde suit ! En France, c’est ça dont on a besoin, d’un chef ! ». Alors vous parlez de Fabien Roussel et vous dites qu’on a surtout besoin de quelqu’un qui écoute le peuple, pour une fois, et des Profiteurs de Crises qui s’enrichissent quoiqu’il advienne… Et puis vous dites : « Tu sais quoi ? Garde ton argent ! Je ferai autrement, je n’ai pas besoin de ton essence !! » Alors elle dit, la mère : « Franck, si tu pars, tu ne me reverras plus jamais » « C’est ça ! », Et vous partez en atelier d’écriture, et vous écrivez ce texte. A la sortie, alors que vous marchez sur le trottoir en direction de votre voiture, vous entendez klaxonner derrière vous… Encore un énervé. Vous vous retournez et là vous voyez votre mère qui, d’un air plein de reproches amers, vous tend une enveloppe. Alors vous dites « Ben non, maman ». Et elle fait passer l’enveloppe par la vitre de la portière. Elle tombe sur le trottoir. Elle part sans avoir prononcé un mot. Le lendemain un message :  » Je voudrais au moins savoir si tu as ramassé l’enveloppe. » Réponse : « Je n’ai pas l’habitude de jeter l’argent pas les fenêtres… »

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